HISTORIQUE DU CONSEIL SÉNÉGALAIS DES FEMMES (COSEF)

Créé en septembre 1994, suite à deux journées de réflexion sur le thème « Femmes en démocratie au Sénégal » et grâce à la suggestion d’une grande personnalité du Sénégal, en l’occurrence, Monsieur Doudou SINE (directeur de l’Institut Africain pour la Démocratie), le Conseil sénégalais des Femmes a été formalisé le 11 mars 1995 comme association et plus tard comme Organisation non gouvernementale (ONG)  le  26 juin 2005.

L’Assemblée constitutive du Conseil sénégalais des Femmes (COSEF) s’est tenue le 11 mars 1995 à la Chambre de Commerce de Dakar. Ses structures sont les organes de direction et d’exécution qui regroupent :

•    l’Assemblée générale ;
•    le Comité directeur ;
•    le Bureau national et ses organes : les Antennes régionales et les Cellules départementales, le Comité scientifique, les relations extérieures, 

Le Conseil sénégalais des Femmes  regroupe des personnalités féminines d’horizons divers et répond a une demande fortement exprimée par les femmes leaders politiques, entrepreneurs sociaux, agents de l’Etat et de la société civile, pour une plus grande implication des femmes dans la consolidation du processus démocratique, au niveau national et local, et le renforcement de leur accès aux instances et processus de prise de décisions.
Le COSEF a pour but principal de lutter pour la promotion effective de la femme sénégalaise, notamment par le développement et le renforcement de son leadership, et de lutter contre toute forme de discrimination basée sur le genre.
Sa vision est un Sénégal ou les hommes et les femmes participent harmonieusement à la prise de décision pour un développement durable. Ainsi, en deux décennies, il a conduit trois campagnes destinées à inscrire la femme au cœur de la décision et des préoccupations politiques :

•    la Campagne « Démocratie ou es tu ? », menée en 1998, était un plaidoyer pour le quota ;
•    la Campagne  dite  « Citoyenne », menée en 2001, rappelait le quota et annonçait la parité ;
•    la Campagne « Avec la parité consolidons la démocratie », menée en 2005, revendiquait une loi instituant la parité alternée des sexes comme condition de recevabilité des listes de candidats.

Cette campagne a été déroulée autour d’actions de plaidoyer, de formation, de communication et de mobilisation parmi lesquelles on peut rappeler, sans être exhaustif :
La pétition lancée le 05 août 2005 et qui a duré 6 mois ; inscrite dans une dynamique de consultation populaire, elle a permis de recueillir près de 4.000 signatures au sein de diverses catégories sociales. Sa transmission au président de la République a permis de l’informer du processus en cours et de solliciter son soutien pour l’application de la parité ;
La mise en réseau, avec la création du Comité de suivi pour l’application de la parité (CS), en septembre 2006, et qui compte à ce jour une cinquantaine d’organisations politiques et de la société civile ;
Le sit-in à l’Assemblée nationale, le 1er décembre 2006, lors de la tenue d’une séance plénière portant modification du Code électoral, a permis la mobilisation de plus de 500 militantes habillées en blanc qui se sont installées sur les tribunes pour soutenir la revendication de l’inscription de la parité dans le Code électorale ;
Le modèle de loi du COSEF élaboré en mars 2007 par les éminents juristes que sont les professeurs Amsatou Sow SIDIBE, Ndiaw DIOUF, El hadji MBODJ et Ismaïla Madior FALL fut validé par le COSEF, le CS, des organisations de défense des droits humain et remis à Madame Aïda MBODJ, Ministre chargée de la Femme, en vue de sa transmission au Chef de l’Etat et en prélude à la marche du lendemain ;
La marche pour la parité qui, ce 23 mars 2007, est partie de la Place de l’Indépendance pour arriver au Palais de la République et a mobilisé près d’un millier de femmes habillées de blanc pour une remise officielle du modèle de loi du COSEF au Président de la République. Celui-ci, séance tenante, a exprimé son engagement pour l’application de la parité.
Le forum d’interpellation pour l’effectivité de la parité, tenu le 31 juillet 2009 à l’amphithéâtre du Méridien Président, avec la mobilisation de plus d’un millier de femmes tout de blanc vêtues, a permis l’interpellation publique du Président de la République, représenté par Monsieur le Premier Ministre,  et de son Gouvernement pour une mise en œuvre effective de la parité.
Au plan national, le COSEF a été et reste un précurseur dans le domaine de la participation politique des femmes et il a conduit de nombreuses actions au fil des ans, notamment :

•    des campagnes, pendant les élections législatives et locales, auprès des partis politiques et des populations, pour une meilleure représentation des femmes sur les listes électorales ;
•    des campagnes d’appui aux candidates et aux élues ;
•    des programmes de renforcement de la participation citoyenne et du leadership féminin au niveau local ;
•    des formations en leadership politique ;
•    des tournées régionales sur différentes thématiques ;
•    des formations destinées aux élues nationales et locales.

Dans la sous–région le COSEF reste encore un modèle. Des femmes de cet espace (la Guinée, le Niger,  le Bénin, le Congo, etc.) sont venues s’inspirer de son exemple et ce qui les marque le plus est son caractère transpartisan. En effet, le COSEF a réussi à fédérer les femmes politiques de toutes les obédiences (majorité, opposition, non alignés) autour du même objectif de promotion de la participation politique des femmes.
Au plan international, le COSEF est membre du Comité directeur de la Fédération internationale démocratique des Femmes (FDIF) actuellement présidée par le Brésil.
Lors de la rencontre mondiale de Beijing + 5 le COSEF a été cité comme meilleure pratique par le Sénégal.

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