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Visite de la Présidente de l’Institut national de la Femme du Bénin au COSEF : des échanges nourris sur la parité, le leadership féminin et les dynamiques institutionnelles

Visite de la Présidente de l’Institut national de la Femme du Bénin au COSEF : des échanges nourris sur la parité, le leadership féminin et les dynamiques institutionnelles

Le COSEF a eu l’honneur d’accueillir à Dakar, le 08 juillet 2025, dans ses locaux, Madame Huguette Bokpè GNACADJA, Présidente de l’Institut national de la Femme (INF) du Bénin, dans le cadre d’un échange interinstitutionnel sur la parité, la participation politique des femmes et les stratégies de leadership féminin en Afrique de l’Ouest.

Cette rencontre s’est tenue dans une ambiance de dialogue constructif et de réflexion partagée sur les avancées, les limites et les perspectives du combat pour l’égalité.

Parité politique : l’expérience sénégalaise en débat

Au cœur des échanges, la loi sénégalaise sur la parité a été saluée comme une avancée historique. Issue d’un long combat du mouvement des femmes, cette loi impose une parité stricte sur les listes électorales. Pourtant, plusieurs participantes ont souligné que son application reste incomplète :

  • des fonctions exécutives majeures comme la présidence de l’Assemblée nationale échappent encore aux femmes ;
  • les organes exécutifs municipaux et départementaux résistent encore à se conformer à la loi ;
  • les partis politiques prennent du temps à initier les réformes leur permettant de renforcer le leadership de leurs militantes, en vue de les préparer aux différentes élections ;
  • la tendance récente à la baisse du nombre de femmes élues à l’Assemblée nationale alerte sur la nécessité d’une mobilisation continue pour l’application de la loi.

Le COSEF : une force motrice du changement

La rencontre a permis de rappeler le rôle central joué par le Conseil sénégalais des Femmes (COSEF) dans cette conquête :

  • né d’une alliance inédite entre militantes individuelles et celles issues des partis politiques, des syndicats et des associations, le COSEF a porté un plaidoyer transversal pour la parité ;
  • ses campagnes emblématiques, comme « Démocratie ou es-tu ? » et « Avec la parité, consolidons la démocratie », ont su ouvrir le dialogue avec les chefs de partis politiques, les leaders religieux et d’opinion et mobiliser jusqu’au sommet de l’État;
  • ce sont les femmes elles-mêmes, réunies autour du COSEF et avec la mobilisation d’une expertise juridique avérée , qui ont travaillé à la proposition d’un avant- projet de loi conforme à leur aspirations.

L’expérience béninoise : un modèle impulsé par l’État

En contrepoint du modèle sénégalais, le Bénin présente une autre dynamique :

  • l’Institut national de la Femme (INF), rattaché à la Présidence, coordonne plusieurs dispositifs de formation, de soutien aux femmes et de lutte contre les violences ;
  • il dispose d’un ancrage institutionnel solide, impliquant plusieurs ministères et bénéficiant d’un financement public conséquent ;
  • des écoles de formation politique, une stratégie de décentralisation et des bureaux de protection sociale offrent un accompagnement concret aux femmes sur tout le territoire.

Si ce modèle montre des résultats prometteurs, il soulève aussi des questions sur la nécessité d’un contre-pouvoir citoyen capable d’équilibrer l’action étatique.

Violences, justice et mobilisation féminine

Un témoignage poignant venu du Sénégal a rappelé comment, à partir d’un cas de violence conjugale mal jugé à Diourbel, des femmes se sont mobilisées pour obtenir justice. Cette mobilisation a donné naissance au Comité de lutte contre les violences faites aux femmes (CLVF). Plus tard, comme le mouvement féminin sénégalais en a le secret, une dynamique synergique a permis de porter une revendication majeure : la criminalisation du viol. Ce récit a illustré la manière dont la souffrance peut aussi engendrer une prise de conscience politique, une organisation collective et des transformations juridiques profondes.

 

Défis persistants et stratégies futures

Les discussions ont mis en lumière les failles toujours présentes dans les systèmes patriarcaux :

  • une parité formelle qui masque souvent une exclusion réelle ;
  • des femmes cantonnées aux rôles d’animation, rarement aux postes stratégiques ;
  • une nécessité de vigilance face aux contournements des lois et aux résistances symboliques.

Face à cela, le dialogue politique ciblé reste un levier fort. Le COSEF l’a démontré : il est possible d’obtenir des engagements concrets des partis et coalitions de partis politiques, à condition de les documenter, de les suivre et de mobiliser les femmes elles-mêmes comme actrices de plaidoyer au sein de chaque formation.

Conclusion : vers un réseau africain d’action et de veille

La visite de la Présidente de l’INF a été bien plus qu’un échange protocolaire. Elle permet d’entrevoir la possibilité de tisser des liens durables, de croiser des expériences nationales et d’esquisser les contours d’une stratégie régionale autour de la parité et du leadership féminin.

Le COSEF réaffirme son attachement à une démocratie paritaire, vivante et ancrée dans les réalités sociales. Cette rencontre ouvre la voie à de futures collaborations entre le Sénégal et le Bénin et plus largement entre les institutions africaines engagées dans l’égalité des sexes.